Ecolo Modave

Fortis

Si la réaction apparaît proportionnée, elle soulève de graves questions et impose des changements en profondeur

mardi 30 septembre 2008, par JFO

Ecolo prend acte de l’opération menée par les gouvernements du Benelux en vue de sauver les avoirs des clients et les emplois du groupe Fortis.

Etant donnés les délais et les circonstances (faiblesse du nombre d’offres et valeur de celles-ci), la réaction adoptée par les Gouvernements du Benelux apparaît proportionnée à la gravité de la situation.

Toutefois, pareille (re)nationalisation partielle soulève de graves questions tant sur la manière dont le secteur financier envisage sa propre responsabilité, que sur la déconnexion qu’il entretient entre économie boursière et économie réelle.

Quand l’Etat vole au secours des banques, c’est le paradigme même du capitalisme qui se renverse. Il est ainsi écœurant d’entendre aujourd’hui encore d’éminents responsables de marchés soutenir avec conviction que « le système a parfaitement fonctionné ». Pour Ecolo, ce type de propos démontre combien il est crucial de confronter les acteurs financiers à leur immense responsabilité.

Pour Ecolo, les institutions bancaires bénéficiant actuellement de l’aide de l’Etat doivent veiller en premier lieu à rembourser les contribuables. Il est inconcevable que lorsque tout va bien, seuls les banques et leurs actionnaires en tirent profit, et que, lorsque tout déraille, les seuls contribuables assument tous les risques.

Par ailleurs, il est vital de reconnecter deux sphères qui, à l’évidence, vivent dans des mondes séparés. A titre d’exemple, chaque jour dans le monde, le système financier génère l’équivalent de 3250 milliards d’USD en transactions boursières, alors que l’économie réelle ne produit que 65 milliards d’USD d’exportations.

En ce sens, il est urgent que le Parlement travaille enfin sur les diverses propositions de régulation renforcée déjà déposées par les Verts, tant à l’échelle belge qu’européenne. A titre d’exemple, citons la proposition visant à réguler les fonds de pension, qui aujourd’hui encore bénéficient du soutien fiscal de l’Etat, alors que leur action peut profondément déstructurer les marchés et plomber l’économie réelle.

Enfin, si aujourd’hui Fortis semble sur le chemin d’un sauvetage temporaire, Ecolo souhaite obtenir du Gouvernement l’ensemble des précautions dont il s’est entouré pour que le contribuable ne soit pas le grand perdant de l’opération. A cet effet, Ecolo demande la réunion urgente de la Commission Finances, afin d’y entendre le Ministre des Finances Didier Reynders sur les aspects relatifs au montage, de même que les membres de la CBFA, et le management de Fortis, dont l’ancien président du Conseil d’administration, M. Maurice Lippens.

Jean-Michel Javaux

Jean-Marc Nollet

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