Ecolo Modave

Pour une société durable

Accélérer la transition ecologique

dimanche 15 mars 2009, par JFO

« Il n’est pas possible de résoudre un problème avec la même disposition d’esprit que celle qui l’a créé. » (A. Einstein)

L’année 2007 restera incontestablement dans les annales de l’histoire mondiale comme celle de l’émergence de la question des changements climatiques en tant que préoccupation sociétale majeure. Confinés jusqu’alors dans des cénacles relativement discrets, les enjeux climatiques sont apparus au grand jour grâce à la sortie de l’ombre des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en parallèle de la popularisation de l’enjeu à travers le film d’Al Gore, An inconvenient truth. Il n’en fallait pas plus pour que se dessinent les prémisses d’une conscience mondiale de la nécessité de revoir nos modes de production et de consommation d’énergie, et par là, d’entrer dans la transition écologique.

La transition écologique est dorénavant incontournable ; elle représente une opportunité formidable de « construire ensemble un avenir pour tous, en assurant à chacun davantage de qualité de vie, de respect de l’environnement, d’opportunités économiques durables et de justice sociale [1] ». Ecolo s’y engage en voulant être un moteur politique pour cette mutation, que nous souhaitons aussi rapide que positive.

La transition a en fait déjà commencé. Elle se concrétise par de nombreuses initiatives citoyennes, des initiatives d’entreprises ou des initiatives promues par des pouvoirs publics éclairés : construction de maisons passives, quartiers durables, production autonome d’énergies renouvelables, installation de pistes cyclables, communes « kyotodynamiques », plans de développement de la nature, agriculture de proximité, contrats de quartiers [2]]...

Pour l’accélérer, Ecolo veut dépasser la simple modernisation écologique, qui se limite à diminuer la pression environnementale de la production et de la consommation de marchandises. Une telle limitation est nécessaire mais non suffisante car trop souvent contrecarrée par un « effet rebond » : l’amélioration environnementale d’un produit ou d’un service se traduit généralement par une diminution de son prix qui a pour effet d’augmenter la consommation de ce produit (ou d’autres), supprimant ainsi le gain environnemental obtenu. L’exemple le plus parlant est celui de l’automobile où les économies générées par la réduction de la consommation au kilomètre sont annihilées par l’augmentation du nombre de kilomètres parcourus. Si le développement des technologies vertes est un axe essentiel de la transition, il n’est pas suffisant.

Nos sociétés ne peuvent poursuivre en considérant que les ressources naturelles (même utilisées de façon moins dispendieuse) sont disponibles de manière infinie pour la production de biens et de services. Elles doivent intégrer les externalités négatives mais également évoluer pas à pas vers un plus grand découplage entre « bienêtre » et « consommation matérielle ».

L’hyperconsommation épuise les ressources sans nécessairement générer plus de bien-être [3]]. Elle n’est de surcroît source ni d’équité ni de solidarité ni d’efficacité économique comme les récents développements de la crise économique mondiale le démontrent.

Pour accélérer la transition écologique, Ecolo s’appuie sur cinq principes :
- « écologiser » l’économie pour rendre les choix écologiques plus avantageux et plus efficients : l’efficacité de l’économie doit se mesurer à l’aune de la réduction de l’empreinte écologique [4]], de l’augmentation du bien-être de chacun [5]] et de sa contribution sociale ;
- renouveler au lieu d’épuiser : une politique axée sur la maîtrise de la demande en énergie et en ressources naturelles et qui amplifie le rôle et la place du renouvelable ;
- diversifier au lieu d’appauvrir : face à une nature dont la diversité est en régression constante et au développement d’une alimentation de plus en plus homogénéisée, la diversité est non seulement une richesse culturelle mais également l’assurance de disposer d’un réservoir de solutions adéquat pour répondre aux adaptations que les changements climatiques vont nécessiter ;
- renforcer l’accès et l’égalité : nos propositions s’inscrivent dans un souci permanent d’équité en matière d’accès à l’eau, à l’énergie et à la mobilité et de réduction des impacts de l’environnement sur la santé ;
- démocratiser la transition : le pouvoir politique est là pour aider à fixer des objectifs et les construire avec la société dont il tire sa légitimité. La participation est un facteur de dynamisme pour les producteurs de solutions écologiques.

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Notes

[1] JEAN-MICHEL JAVAUX, Extrait de « Merci pour vos enfants ! Réussir la transition écologique », Ed. Luc Pire, 2007.

[2] [Voir les exemples détaillés de « 10 voyages au pays de l’écologie quotidienne » dans l’ouvrage référencé dans la précédente note de bas de page.

[3] [Pour aller plus loin, voir PAUL-MARIE BOULANGER, « Consommer mieux, autrement, moins », Revue Etopia, Ecologie-Economie, 2008 ; disponible sur www.etopia.be.

[4] [L’empreinte écologique est une estimation de la surface nécessaire à un individu, un groupe d’individus, une région, un pays pour produire ce qu’il(s) consomme(nt) et pour absorber ce qu’il(s) rejette(nt). Elle s’exprime en unité de surface : l’hectare, la proportion de planète. Ainsi, chaque habitant de la planète Terre dispose-t-il en théorie et en saine justice de 1,8 hectare pour sa consommation personnelle. Or, en moyenne, nous consommons actuellement chacun 2,2 hectares. En réalité, cette moyenne cache d’énormes disparités : un habitant des Etats-Unis consomme 9,5 hectares, un Bengali… 0,6 hectare ! Le Belge, quant à lui, consomme 4,9 hectares. Si tout le monde consommait comme nous, il faudrait presque 3 planètes pour satisfaire les besoins de tous. Vous pouvez tester votre empreinte écologique sur http://wwffootprint. be/fr/

[5] [Se mesurant non pas tant avec des indices comme le produit national brut que les indices de développement humain.

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