Ecolo Modave
Accueil du site > 4. Ecolo-Vie > 4.6. Elections et enjeux > 4.6.2. Elections régionales > Des députés wallons pas très éthiques...

Des députés wallons pas très éthiques...

mercredi 21 mai 2008, par JFO

Gouvernance publique : la « tornade éthique » n’a pas soufflé sur la Wallonie !

Le décrêt Courard doit être voté d’ici au 20 juin. Pour l’éviter, les députés wallons font lanterner le ministre.

La crise de la gouvernance que traverse la Région wallonne depuis plusieurs années a mis au jour un certain nombre d’abus manifestes et de pratiques inadmissibles qui ont révélé l’urgence d’entreprendre une réforme profonde du système politique wallon.

Marre des parvenus ?

Retournons, une fois de plus, le couteau dans la plaie. Septembre 2005. Le scandale de la Carolo éclate, qui met en lumière les comportements inacceptables d’une série de mandataires socialistes. Au PS, Elio Di Rupo parle de « parvenus ». Au CDH, Joëlle Milquet annonce une « tornade éthique. » [1].

Courage... fuyons !

Trois ans plus tard, on déchante. Au sein du Bureau du Parlement où siègent PS, CDH et MR —soit dans la discrétion la plus absolue (puisqu’Ecolo n’y est pas représenté)— ces mêmes députés remuent désormais ciel et terre… pour éviter que les arrêtés d’application du décret Courard soient votés avant le 20 juin, date à laquelle prennent fin les « pouvoirs spéciaux » qui ont été conférés au ministre.

D’une part, parce que pour les parlementaires régionaux, souvent députés ou bourgmestres, ce texte débouchera sur l’impossibilité de cumuler les mandats, et donc sur une diminution nette de leur influence politique. D’autre part, parce qu’ils risquent d’importantes pertes financières. Rappelons que le montant total des revenus d’un mandataire local ne peut dépasser une fois et demie l’indemnité d’un parlementaire (soit 6.400 euros brut par mois).

Au placard, les attentes du citoyen !

Ecolo a multiplié les propositions créatives et ambitieuses dans cette perspective et déposé un projet de Plan Marshall des pratiques politiques et de la gouvernance, convaincu de sa nécessité absolue pour le redéploiement wallon. A ce jour, pourtant, la « tornade éthique » tant promise n’a pas soufflé sur la Wallonie.

La majorité PS-CDH, confrontée à des textes menaçant les prés carrés d’un certain nombre de ses barons et partisans, a d’abord minimisé la gravité de la situation, a ensuite temporisé par rapport à l’opportunité d’adopter des réformes et a fini par concéder quelques mesures qui restent à ce jour partielles et minimalistes.

Dans ce contexte déjà insatisfaisant, Ecolo dénonce avec d’autant plus de force les velléités de chercher à restreindre la maigre portée des mesures en projet, ou à en reporter encore l’application. La volonté de certains parlementaires de ne pas se voir appliquer à eux-mêmes - sous couvert de précisions techniques - le dispositif de limitation des revenus conçu pour les mandataires locaux est tout simplement inacceptable.

Dès lors, Ecolo exige de la part du Gouvernement wallon le dépôt d’un projet de décret portant ratification des deux arrêtés du 20 décembre 2007, dans des délais permettant son adoption avant l’échéance du 20 juin 2008.

Plus largement, Ecolo continue à penser que les conflits d’intérêt et les incompatibilités de mandats, notamment, se situent au cœur du mal wallon . A titre illustratif, comment peut s’exercer effectivement le contrôle démocratique du Parlement sur l’action du Gouvernement, et la tutelle du Gouvernement sur les pouvoirs locaux, quand certains acteurs exercent à la fois les rôles de contrôleur et de contrôlé ? Quand, sur 75 parlementaires wallons, 27 sont également bourgmestres et 13 sont échevins ou présidents de CPAS, parler encore de « contrôle » relève d’une triste caricature.

Ecolo réitère donc son appel à la mise en œuvre d’une véritable réforme permettant de renouveler en profondeur la gouvernance wallonne, au-delà des effets d’annonce aussitôt suivis de renoncements et manœuvres dilatoires. Le défi qui s’impose à chaque mandataire public est de rendre l’action politique crédible, afin de restaurer la confiance de nos concitoyens dans leurs institutions et de réoxygéner ainsi notre système démocratique.

Notes

[1] Voir à ce sujet l’excellent article de Hughes Danze dans Le Soir du 14 mai 2008

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0